Aller au contenu
Journal indépendant Dimanche 16 août 2026

Jardin · Maison · Savoir-faire

Accueil /Jardin /Bouturer les groseilliers à fruits et à fleurs : le guide complet

Jardin

Bouturer les groseilliers à fruits et à fleurs : le guide complet

Par Brigitte 9 août 2026 Lecture 10 min Mis à jour le 4 août
Bouturer les groseilliers à fruits et à fleurs : le guide complet

L’hiver dernier, en taillant mes groseilliers, j’ai gardé une poignée de rameaux « au cas où ». Trois mois plus tard, ces tiges abandonnées dans un pot de sable avaient toutes pris racine. La multiplication du groseillier reste l’un des gestes les plus gratifiants du jardinage, et probablement le plus facile à réussir parmi les arbustes fruitiers.

Que vous cultiviez un groseillier à grappes pour ses baies acidulées ou un groseillier à fleurs pour ses grappes roses au printemps, la technique de bouturage fonctionne à merveille. Deux périodes s’offrent à vous chaque année pour multiplier vos pieds, et je vais vous détailler chacune d’elles pour que vous puissiez bouturer en toute confiance, même si c’est votre première fois.

À retenir

  • Le bouturage hivernal (décembre à février) sur bois sec offre le meilleur taux de reprise pour les groseilliers à fruits.
  • Le bouturage estival (juin à septembre) sur bois semi-aoûté convient aussi aux groseilliers à fleurs.
  • Coupez des rameaux de 20 à 30 cm juste au-dessus d’un bourgeon, avec un sécateur désinfecté.
  • Plantez les boutures aux deux tiers dans un mélange de terreau et de sable, à l’abri du plein soleil.
  • Les premiers fruits ou les premières fleurs apparaissent 2 à 3 ans après le bouturage.

Pourquoi et quand bouturer les groseilliers ?

Bouturer un groseillier, c’est obtenir un clone parfait du pied mère. La bouture reproduit exactement la variété d’origine, ce qui garantit la même qualité de fruits ou de fleurs. Contrairement au semis, vous savez ce que vous allez récolter.

Cette technique de multiplication ne coûte rien. Un sécateur, un pot, du sable et du terreau suffisent. Multiplier ainsi ses arbustes permet de renouveler les pieds vieillissants, d’en offrir aux voisins ou d’agrandir son potager sans passer par la jardinerie.

Deux fenêtres existent pour bouturer. La première s’ouvre de décembre à février, pendant le repos végétatif, sur du bois sec et dormant. La seconde va de juin à septembre, sur des rameaux de l’année encore verts, dits semi-aoûtés. Le choix de la période dépend du type de groseillier et de votre emploi du temps au jardin.

Les deux méthodes de bouturage des groseilliers comparées
Critère Bouturage hivernal (bois sec) Bouturage estival (bois semi-aoûté)
Période Décembre à février Juin à septembre
Type de bois Rameaux de l’année précédente, lignifiés Rameaux de l’année, souples et verts
Longueur des tiges 20 à 30 cm 15 à 20 cm
Feuilles Aucune (caduques en hiver) 3 feuilles conservées au sommet
Taux de reprise 4/5 3/5
Hormone de bouturage Facultative Recommandée
Espèces adaptées Tous les groseilliers à fruits et à fleurs Groseillier à fleurs, groseillier à grappes
Repiquage en pleine terre Printemps suivant Automne ou printemps suivant

Quelles sont les espèces de groseilliers concernées ?

Tous les groseilliers appartiennent au genre Ribes, une famille d’arbustes à feuilles caduques que l’on retrouve un peu partout dans nos jardins. Bon, le terme « groseillier » recouvre en réalité plusieurs espèces bien distinctes, et il vaut mieux les connaître avant de sortir le sécateur.

Le groseillier à grappes (Ribes rubrum) est le plus courant au potager. Il produit de longues grappes de petites groseilles rouges, blanches ou roses selon la variété. Ses rameaux sont lisses, sans épines, et sa culture ne pose aucune difficulté. Ce groseillier se bouture facilement en hiver sur bois sec.

Le groseillier à maquereau (Ribes uva-crispa) porte des fruits plus gros, ronds et légèrement duveteux. Ses branches sont garnies d’épines, ce qui rend la récolte un peu sportive. La multiplication par bouture fonctionne très bien sur cette espèce, mais il faut manipuler les tiges avec précaution.

Le groseillier à fleurs (Ribes sanguineum) ne produit pas de fruits comestibles. On le plante pour ses magnifiques grappes de fleurs roses à rouge foncé qui apparaissent dès mars. Ce groseillier à fleurs Ribes sanguineum se bouture selon les mêmes méthodes que ses cousins fruitiers. Il trouve sa place aussi bien en haie libre qu’en massif ornemental.

Le cassis (Ribes nigrum) est un proche parent. Ses feuilles dégagent une odeur caractéristique quand on les froisse, ce qui le distingue immédiatement du groseillier à grappes Ribes rubrum. Tous ces ribes se bouturent de la même manière, avec un taux de réussite très encourageant.

La méthode du bouturage hivernal sur bois sec

Le bouturage hivernal est ma méthode préférée pour multiplier les groseilliers. La plante est au repos, la sève ne circule plus, et les rameaux lignifiés supportent très bien le prélèvement. Vous pouvez intervenir de décembre à février, à condition qu’il ne gèle pas le jour de la coupe.

Choisissez des rameaux de l’année précédente, reconnaissables à leur écorce brun clair et à leurs entre-noeuds courts. Évitez le bois de l’année, trop tendre, et les branches de plus de deux ans, trop rigides. Un bon rameau mesure l’épaisseur d’un crayon.

Le matériel

  • Sécateur propre et bien affûté
  • Alcool à 90° pour désinfecter la lame
  • Hormone de bouturage (facultative)
  • Pot ou bac profond d’au moins 20 cm
  • Terreau de semis et sable fin (moitié-moitié)

Bouturer un groseillier en hiver sur bois sec

  1. Prélevez les rameaux. Coupez des tiges de 20 à 30 cm sur un pied mère sain. Sectionnez la base juste sous un oeil et taillez l’extremite supérieure en biseau au-dessus d’un bourgeon, pour repérer le sens de plantation.
  2. Préparez le substrat. Remplissez votre pot d’un mélange rempli d’un melange de terreau et de sable à parts égales. Tassez légèrement la surface pour qu’elle soit homogène.
  3. Plantez les boutures. Enfoncez chaque tige aux deux tiers dans le substrat, en ne laissant dépasser que le tiers supérieur avec deux ou trois bourgeons. Espacez-les de 10 cm si vous en mettez plusieurs dans le même bac.
  4. Arrosez et placez à l’abri. Arrosez une première fois, puis installez le pot dans un endroit abrité du vent, à mi-ombre. Les boutures vont passer l’hiver dehors sans problème tant que le gel ne descend pas sous les moins dix degrés.

Pas besoin de vérifier tous les jours. La terre doit rester légèrement humide, rien de plus. La pluie naturelle suffit la plupart du temps en hiver. Vous verrez les premiers signes de reprise au printemps, quand de petites feuilles pointeront au sommet des tiges.

La technique du bouturage estival sur bois semi-aoûté

Ceux qui ont raté la fenêtre hivernale peuvent se rattraper en été. De juin à aout, les rameaux de l’année sont dans un état intermédiaire entre le bois tendre du printemps et le bois dur de l’automne. Cette période convient particulièrement au groseillier à fleurs, mais fonctionne aussi sur les groseilliers à fruits.

Sélectionnez l’extremite de rameaux de l’annee, en bon état, sans traces de maladie. Les tiges idéales mesurent 15 à 20 cm de long. Elles doivent être souples sans casser quand on les plie. Coupez juste sous un noeud avec un sécateur propre.

Supprimez toutes les feuilles du tiers inférieur de la bouture, en laissant seulement trois feuilles au sommet. Cette opération limite l’évaporation tout en conservant assez de surface foliaire pour la photosynthèse. Trempez la base dans de l’hormone de bouturage pour stimuler la formation des racines.

Plantez ensuite chaque bouture dans un pot rempli d’un substrat léger (terreau et sable). L’été, contrairement à l’hiver, il faut surveiller l’arrosage de près. Le sol ne doit jamais sécher complètement. Placez les pots à l’ombre, à l’abri du soleil direct qui dessécherait les feuilles en quelques heures.

Le bouturage estival demande un peu plus d’attention que la version hivernale. La chaleur et le vent accélèrent la déshydratation des tiges. Un jour de pluie fine est le moment idéal pour prélever vos boutures, car l’air humide favorise la reprise.

À lire lentement

Bouturer les groseilliers, c’est le geste de jardinage le plus simple pour remplir son jardin de petits fruits sans dépenser un centime.

La mise en jauge des boutures pour passer l’hiver

Si vous avez prélevé vos boutures de groseilliers en décembre mais que vous ne voulez pas les planter tout de suite, la mise en jauge est la solution. Cette pratique ancienne consiste à stocker les rameaux dans du sable ou de la terre travaillée, en attendant le printemps.

Regroupez vos boutures en petits fagots de cinq à dix tiges, attachés avec de la ficelle. Creusez une tranchée de 20 cm de profondeur dans un coin du jardin, à l’ombre, de préférence orienté au nord. Le sol doit être meuble et bien drainé.

Couchez les fagots dans la tranchée en position légèrement inclinée, puis recouvrez-les de sable ou de terre fine. L’emplacement doit être à l’abri du gel sévère, mais exposé à la pluie pour maintenir une humidité régulière. Ne touchez plus à rien jusqu’en mars.

Pendant cette période, les boutures développent un cal cicatriciel à leur base. Ce bourrelet de cellules est le point de départ des futures racines. Au printemps, quand vous déterrez vos fagots, vous verrez que les bourgeons ont commencé à gonfler. Manipulez les tiges avec précaution pour ne pas abîmer ces départs de végétation.

Le repiquage et la plantation définitive au jardin

Le printemps suivant, vos boutures sont prêtes à quitter leur pot ou leur jauge. Attendez que les risques de gel soient écartés, généralement vers mars ou avril selon votre région. Les jeunes plants doivent montrer au moins quelques feuilles avant d’être repiqués en pleine terre.

Préparez l’emplacement au jardin en travaillant le sol sur 30 cm de profondeur. Les groseilliers apprécient un sol frais et bien drainé, plutôt riche, ni trop calcaire ni trop sableux. Apportez deux pelletées de compost bien décomposé par pied pour enrichir la terre en profondeur.

Espacez vos plants d’environ 1,20 m les uns des autres pour leur laisser la place de former un beau buisson. Plantez chaque bouture enracinée en enterrant la base de quelques centimètres sous le niveau du sol. Tassez la terre tout autour et arrosez généreusement.

Pour les groseilliers à fruits, la première taille de formation se fait dès la plantation. Raccourcissez les rameaux d’un tiers pour encourager la ramification depuis la base. Les groseilliers à fleurs, eux, se taillent après leur floraison printanière. Faites un paillage au pied pour conserver la fraîcheur du sol pendant l’ete, car ces arbustes détestent la sécheresse.

La récolte des premiers fruits prend deux à trois ans de patience. Les groseilles à grappes apparaissent sur le bois de deux ou trois ans, pas sur les pousses de l’annee. Le groseillier à fleurs, lui, offre ses premières grappes colorées dès la troisième année de culture.

Questions fréquentes sur le bouturage des groseilliers (FAQ)

Comment reconnaître le bois de l’année sur un groseillier ?

Le bois de l’annee se distingue facilement du bois plus ancien. Les rameaux de l’année sont lisses, de couleur vert clair à brun clair, avec des entre-noeuds longs et régulièrement espacés. Leur écorce est fine et souple.

Les branches plus anciennes présentent une écorce grise, parfois craquelée, avec des entre-noeuds courts et serrés. Sur le groseillier à grappes Ribes rubrum, le bois de l’année a souvent une teinte légèrement rosée. Pliez le rameau entre vos doigts : s’il ploie sans casser, c’est bien du bois jeune. S’il casse net, il est trop vieux pour le bouturage estival, mais convient au bouturage hivernal sur bois sec.

Quelle est la différence entre un cassissier et un groseillier ?

Le cassissier (Ribes nigrum) et le groseillier (Ribes rubrum) appartiennent à la même famille, les Grossulariacées. Leur forme, leur port buissonnant et leur taille se ressemblent beaucoup, ce qui prête souvent à confusion. Pourtant, quelques détails permettent de les différencier facilement.

La méthode la plus fiable consiste à froisser une feuille entre vos doigts. Le cassissier dégage une odeur puissante et aromatique, caractéristique du cassis. Le groseillier, lui, ne sent pratiquement rien. Les fruits du cassissier sont noirs, tandis que ceux du groseillier sont rouges, roses ou blanches selon la variété. Les deux espèces se bouturent exactement de la même façon et produisent des grappes de baies comestibles utilisées en confiture, en gelée ou en jus.

Quel type de sol convient le mieux au repiquage ?

Les groseilliers tolèrent beaucoup de sols différents, mais ils donnent le meilleur d’eux-mêmes dans une terre argilo-calcaire, profonde et fraîche. Le sol idéal reste meuble, bien drainé, enrichi de matière organique. Évitez les terrains trop sableux où l’eau file trop vite, et les terres lourdes où elle stagne en hiver.

Pour vos jeunes boutures de groseilliers, préparez un mélange léger au moment du repiquage en pleine terre. Un apport de compost mûr dans le trou de plantation suffit à donner un bon départ. Arrosez régulièrement le premier été après la mise en place, surtout si la pluie se fait rare. Une fois bien installés, ces fruitiers demandent très peu de conseils d’entretien et se montrent généreux année après année.

Brigitte

Lire ensuite

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *