Un romarin bien installé reste en place une dizaine d’années sans vous demander grand-chose. Pourtant, je vois chaque hiver des pieds disparaître les racines dans l’eau, bien plus souvent que de froid.
Cette plante aromatique de garrigue, rebaptisée Salvia rosmarinus par les botanistes, a des exigences simples. Du soleil, un sol pauvre et très drainé, une taille légère chaque année. Le reste relève surtout de la retenue.
À retenir
- Plantez toujours le collet au niveau du sol, jamais enterré.
- Coupez uniquement dans le feuillage vert, le bois brun et dégarni ne repart pas.
- Oubliez l’engrais, une terre trop riche affadit le parfum des feuilles.
- Videz la soucoupe du pot après chaque arrosage.
- Secouez vos romarins au-dessus d’un drap clair dès la fin de l’été pour déloger les chrysomèles.
Voici le calendrier et les conseils que je suis pour mes propres romarins. Il vous donne les bons moments pour chaque geste, de la plantation jusqu’à la récolte.
| Geste | Période conseillée | Méthode en bref | Priorité |
|---|---|---|---|
| Planter en pleine terre | Septembre à octobre dans le Sud et l’Ouest, mars à mai ailleurs | Trou deux fois plus grand que la motte, terre allégée avec du gravier | Recommandé |
| Planter en pot | Mars à mai | Pot de 30 cm minimum, mélange terreau, terre et gravier | Facile |
| Arroser | Première année, par temps sec | Un apport copieux tous les 10 à 15 jours en été, puis plus rien en pleine terre | À surveiller |
| Tailler | Juste après la floraison, d’avril à juin | Raccourcir d’un tiers les pousses de l’année | Chaque année |
| Récolter | Toute l’année | Brins de 10 à 15 cm, arôme maximal avant la floraison | Libre |
| Bouturer | Août à septembre | Tiges de 10 cm dans un mélange terreau et sable | Facultatif |
| Protéger du froid | Novembre à mars | Voile d’hivernage sous -10 °C, pots abrités | Selon la région |
Quand planter le romarin ?
Deux fenêtres s’offrent à vous, le début de l’automne et le printemps. Tout dépend de votre climat et de la nature de votre terre.
Dans le Sud et sur la façade atlantique, je plante de préférence en septembre ou en octobre. Le sol encore chaud stimule l’enracinement, et la plante aborde l’été suivant avec des racines déjà profondes.
Dans le nord de la France, en montagne ou en terrain lourd, attendez le printemps. Entre mars et mai, une fois les fortes gelées passées, le jeune plant dispose de toute la belle saison pour s’installer.
Deux périodes sont à fuir, les épisodes de gel et les canicules. Planter en plein mois d’août reste une mauvaise idée. Un plant de romarin mis en terre sous cette chaleur réclame une surveillance quotidienne.
Où planter le romarin ?
Le romarin vient de la garrigue. Il cherche un endroit chaud, sec et dégagé, où l’air circule librement autour de ses branches.
Au jardin, je lui réserve volontiers ces emplacements :
- Une rocaille ou un talus sec, là où les autres plantes peinent sans arrosage.
- Le pied d’un mur exposé au sud, qui renvoie la tiédeur et coupe le vent froid.
- Une bordure de potager, près du thym, de la sauge et de la lavande.
- Une haie basse et parfumée, avec des variétés à port dressé.
- Un grand bac sur la terrasse, à portée de main de la cuisine.
Il redoute en revanche les creux où l’eau stagne l’hiver et l’ombre des grands arbres. Prévoyez aussi de l’espace, car un pied adulte atteint vite 80 cm à 1 m de large.
Sa floraison précoce, dès janvier ou février en climat doux, nourrit les abeilles à une période où les fleurs se font rares. Un vrai cadeau pour votre jardin.
Comment planter le romarin en pleine terre ?
La plantation en pleine terre donne les pieds les plus vigoureux et les plus parfumés. Tout repose sur la préparation du trou, surtout si votre sol retient l’eau.
Le matériel
- Un plant de romarin en godet ou en conteneur
- Une bêche ou une fourche-bêche
- Du gravier, de la pouzzolane ou de petits cailloux
- Une poignée de compost bien mûr
- Une paire de gants de jardinage et un arrosoir
Planter le romarin en pleine terre
- Réhydratez la motte avant plantation. Plongez le godet dans un seau d’eau jusqu’à ce que les bulles cessent de remonter.
- Creusez un trou généreux. Il doit être deux fois plus grand que la motte, en largeur comme en profondeur. Ameublissez le fond à la fourche.
- Allégez la terre extraite. Mélangez-la avec un tiers de gravier et un peu de compost. En sol argileux, forcez sur le gravier.
- Installez le plant sans l’enterrer. Le collet, là où la tige rejoint les racines, reste au niveau du sol. Rebouchez puis tassez légèrement avec les mains.
- Arrosez copieusement une seule fois. Cet apport chasse les poches d’air. Laissez ensuite la terre sécher avant d’arroser de nouveau.
Espacez les plants de romarin de 60 à 80 cm. Le pied grossit plus vite qu’il n’y paraît, et un feuillage trop serré finit par attirer les maladies.
Comment planter le romarin en pot ?
Cultiver le romarin en pot convient aux balcons, aux petits jardins et aux régions froides, puisque vous pouvez l’abriter l’hiver. Le choix du contenant compte autant que le mélange.
Prenez un pot de 30 cm de diamètre au minimum, percé de trous de drainage. La terre cuite a ma préférence, car elle respire et sèche plus vite que le plastique.
Au fond, étalez 3 à 5 cm de billes d’argile ou de graviers. Remplissez ensuite avec un mélange très drainant composé à parts égales de terreau, de terre de jardin et de gravier fin.
Le terreau seul reste trop riche et garde l’humidité. Un terreau pour plantes aromatiques peut servir de base, à condition de l’alléger franchement.
Installez la motte au même niveau qu’avant, arrosez, puis placez le pot au soleil. Surélevez-le sur des cales pour que l’eau s’écoule librement.
Tous les deux ou trois ans, rempotez au printemps dans un contenant un peu plus large. À défaut, renouvelez les premiers centimètres de terreau.
Quel type de sol pour le romarin ?
Le romarin apprécie les sols pauvres, légers et caillouteux. Plus la terre est riche, plus la plante pousse mou et moins ses feuilles embaument.
Il tolère très bien le calcaire et s’accommode d’un pH neutre à légèrement alcalin. Le vrai critère reste ailleurs, un sol bien drainé en toutes saisons, et surtout en hiver.
En terre argileuse, amendez largement avec du gravier ou de la pouzzolane sur 40 cm de profondeur. Une petite butte de 15 à 20 cm aide aussi l’eau à s’écarter du collet.
Inutile d’ajouter de l’engrais, surtout azoté. Un excès de nourriture donne des tiges tendres, plus fragiles face au gel et aux parasites, et nuit à la qualité de son parfum.
Quelle exposition pour le romarin ?
Plein soleil, sans hésitation. Comptez au minimum six heures de soleil par jour pour obtenir une plante dense et bien fleurie.
À mi-ombre, le romarin survit mais s’étiole. Ses tiges s’allongent, se dégarnissent à la base et son arôme perd de sa force.
Pour cultiver un romarin dans une région froide ou ventée, cherchez un coin abrité des vents du nord. Un mur de pierre exposé au sud stocke la chaleur le jour et la restitue la nuit.
Le romarin meurt bien plus souvent d’un excès d’eau que du froid de l’hiver.
Comment entretenir le romarin ?
Bonne nouvelle, l’entretien du romarin prend très peu de temps. Il se résume à un arrosage mesuré, une protection hivernale adaptée et une surveillance régulière du feuillage.
Un arrosage au compte-gouttes
En pleine terre, j’arrose seulement la première année, lors des sécheresses marquées, tous les 10 à 15 jours. Une fois installé, le pied n’a besoin de rien d’autre que les pluies.
En pot, la règle change. Enfoncez un doigt dans le terreau et arrosez s’il est sec sur 3 à 4 cm. Votre index reste le meilleur guide.
En été, cela représente environ une fois par semaine, et un apport par mois suffit souvent l’hiver. Veillez à vider la soucoupe à chaque fois, car l’eau stagnante asphyxie les racines.
La protection contre le froid
Le romarin officinal supporte en général -10 à -12 °C dans un sol parfaitement drainé. Le froid humide lui fait bien plus de mal que le froid sec.
En dessous, couvrez-le d’un voile d’hivernage les nuits de gel annoncées. Un paillage de graviers au pied offre une bonne protection au collet sans retenir l’humidité.
Les pots gèlent plus vite. Rapprochez-les d’un mur, emballez-les de toile de jute ou rentrez-les dans un abri non chauffé et lumineux.
Faut-il nourrir la plante ?
Pas en pleine terre. En pot, une poignée de compost au printemps relance la croissance sans nuire à l’arôme.
Quand et comment tailler le romarin ?
La taille n’est pas obligatoire, mais je la recommande chaque année. Elle maintient un port compact et évite que le pied se dégarnisse à la base avec l’âge.
Le bon moment arrive juste après la floraison, entre avril et juin selon les régions. Une seconde retouche, plus légère, reste possible en fin d’été. Évitez de tailler à l’approche de l’hiver.
La règle d’or tient en une phrase : ne coupez jamais dans le vieux bois. Les parties brunes et sans feuilles ne repartent pas et restent nues pour de bon.
Raccourcissez les pousses de l’année d’un tiers environ, en gardant toujours du vert sous la coupe. Un sécateur propre et bien affûté limite le risque d’infection.
Un vieux pied tout dégarni ? Je préfère le remplacer par une bouture plutôt que de tenter une taille sévère, qui échoue presque toujours.
Quand et comment récolter le romarin ?
Son feuillage persistant vous permet de récolter du romarin toute l’année, même en hiver. Le parfum culmine juste avant la floraison, par une matinée sèche, une fois la rosée évaporée.
Coupez des brins de 10 à 15 cm à l’extrémité des tiges. Ne prélevez jamais plus d’un tiers du feuillage à la fois, surtout sur un jeune pied.
Récolter régulièrement fait office de taille d’entretien douce. La plante se ramifie et gagne en densité au fil des cueillettes.
Pour le séchage, liez les tiges en petits bouquets et suspendez-les tête en bas dans un endroit sec, aéré et à l’ombre. Au bout d’une à deux semaines, détachez les feuilles et rangez-les dans un bocal hermétique.
La congélation préserve mieux la couleur. Je glisse des brins entiers dans un sachet, ou des feuilles hachées dans un bac à glaçons avec un filet d’huile d’olive.
Les fleurs se cueillent aussi. Bleues, roses ou blanches selon la variété, elles décorent une salade avec un goût plus doux que le feuillage.
Comment multiplier le romarin ?
Le bouturage reste la méthode la plus simple et la plus rapide pour obtenir des sujets identiques au pied mère. Un seul romarin vous donne de quoi garnir tout un talus.
Le matériel
- Un sécateur désinfecté à l’alcool
- Des godets de 8 à 10 cm
- Du terreau et du sable de rivière
- Un sachet transparent ou une mini-serre
Bouturer le romarin
- Prélevez des tiges semi-ligneuses. En août ou en septembre, choisissez des pousses de l’année dont la base commence à durcir. Coupez des tronçons d’environ 10 cm.
- Effeuillez la moitié inférieure. Retirez les feuilles du bas pour éviter qu’elles pourrissent dans le substrat.
- Piquez les boutures en godet. Enfoncez-les sur 4 cm dans un mélange moitié terreau, moitié sable. Tassez autour avec les doigts.
- Gardez une humidité légère. Couvrez d’un sachet transparent et placez les godets à la lumière, sans soleil direct. Aérez quelques minutes chaque jour.
- Repiquez au printemps suivant. Les racines se forment en quelques semaines. Vous pourrez installer les jeunes plants en place au retour des beaux jours.
Le marcottage demande encore moins d’efforts. Couchez une branche basse au sol, fixez-la avec un crochet et recouvrez-la de terre. Quelques mois plus tard, sevrez-la du pied mère.
Le semis reste possible, mais la germination est lente et irrégulière, entre 15 et 21 °C. Semez en mars sous abri et comptez environ deux ans avant les premières vraies récoltes.
Les maladies et parasites du romarin : prévention et solutions
Arbuste résistant aux maladies quand il pousse au sec et au soleil, le romarin pose rarement de gros soucis. Ses problèmes viennent presque toujours d’un excès d’humidité ou d’un manque de lumière.
La chrysomèle du romarin
Parmi les ravageurs du romarin, ce petit coléoptère de 5 à 8 mm arrive en tête dans mon jardin. Il se reconnaît à ses rayures vert métallique et violacées.
Adultes et larves grignotent les jeunes pousses et les boutons floraux, du printemps à l’automne. Les oiseaux le dédaignent, sans doute à cause de son goût âcre.
Si vous découvrez des feuilles grignotées en septembre, secouez les branches au-dessus d’un drap clair. Les insectes tombent et vous n’avez plus qu’à les ramasser avant les pontes.
La pourriture des racines
Feuillage qui grisonne, tiges qui sèchent depuis la base, pied qui s’effondre… Ces symptômes signent souvent un phytophthora, un parasite du sol favorisé par les terres lourdes et détrempées.
Aucun traitement ne sauve vraiment un pied atteint. La prévention passe par le drainage et par des arrosages mesurés, surtout en pot.
L’oïdium et la pourriture grise
Un feutrage blanc sur les feuilles trahit l’oïdium, fréquent en intérieur ou dans un coin confiné. Taillez le centre pour faire circuler l’air, puis pulvérisez un volume de lait écrémé pour neuf volumes d’eau.
Cochenilles et aleurodes
Ces petits piqueurs s’installent surtout sur les romarins hivernés à l’abri. Tamponnez les cochenilles avec un coton imbibé d’alcool à 70° et douchez le feuillage au savon noir dilué. Pour une plante que vous mangez, laissez de côté les produits de synthèse.
Utiliser le romarin en cuisine
Le romarin offre un goût puissant, résineux, légèrement camphré. Contrairement au basilic, il supporte les longues cuissons et parfume le plat dès le début de la préparation.
Voici mes utilisations favorites :
- Les viandes rôties ou grillées, l’agneau en tête, avec de l’ail et de l’huile d’olive.
- Les pommes de terre au four, avec un brin glissé entre les quartiers.
- La focaccia, parsemée de feuilles fraîches et de gros sel.
- Une huile parfumée, avec trois tiges bien sèches dans une bouteille d’huile d’olive.
- Les desserts, en sirop pour pocher des abricots ou des pêches.
Les tiges rigides de certaines variétés servent même de brochettes aromatiques pour le barbecue. Effeuillez-les en gardant un bouquet au sommet, puis embrochez vos légumes.
Ses aiguilles restent coriaces. Hachez-les très finement, ou déposez une branche entière dans la cocotte et retirez-la avant de servir. Il entre aussi dans les herbes de Provence, avec le thym, la sarriette et l’origan.
Les bienfaits traditionnels du romarin
Le romarin occupe une place de choix dans la pharmacopée méditerranéenne depuis le Moyen Âge. Ses feuilles renferment de l’acide rosmarinique et du carnosol, deux composés aux propriétés antioxydantes documentées.
L’Agence européenne du médicament reconnaît un usage traditionnel des feuilles contre les digestions difficiles et les petits maux de ventre. En application locale, il accompagne le soulagement des douleurs musculaires et articulaires légères.
En infusion, comptez une cuillère à café de feuilles séchées par tasse d’eau frémissante, avec dix minutes d’infusion. L’agence préconise de ne pas dépasser deux semaines d’usage par voie orale.
L’huile essentielle demande prudence. Très concentrée, elle est déconseillée aux femmes enceintes, aux enfants et aux personnes épileptiques. Ces informations ne remplacent pas l’avis d’un pharmacien ou d’un médecin.
Les différentes variétés de romarin
Les pépiniéristes proposent des dizaines de variétés, dressées, étalées ou rampantes. Prenez le temps de lire l’étiquette en pépinière, qui sert de premier guide pour choisir selon votre climat.
| Variété | Port | Atout principal | Usage conseillé |
|---|---|---|---|
| Arp | Dressé | Parmi les plus rustiques, jusqu’à -15 °C environ en sol sec | Régions froides |
| Miss Jessopp’s Upright | Dressé, vigoureux | Tiges droites et denses | Haie basse |
| Tuscan Blue | Érigé, plus de 1,5 m | Feuillage très parfumé | Cuisine |
| Barbecue | Dressé | Tiges raides et droites | Brochettes |
| Prostratus | Rampant, 20 à 50 cm de haut | Retombe en cascade | Plus frileux |
| Majorca Pink | Semi-dressé | Floraison rose | Décoration |
| Albiflorus | Dressé | Fleurs blanches lumineuses | Massif |
Mon choix se porte souvent sur Tuscan Blue pour la cuisine et sur Arp pour les jardins exposés au froid. Les formes rampantes, plus sensibles, trouvent leur place dans le Sud ou en pot.
Selon les climats, la floraison démarre dès janvier ou attend le printemps. Bon à savoir, certaines variétés remontent en automne quand l’été a été doux.
Foire aux questions sur la culture du romarin
Pourquoi mon romarin jaunit-il ?
Le jaunissement vient presque toujours d’un excès d’eau. Vérifiez le drainage du pot ou du sol, espacez les arrosages et retirez la soucoupe.
Est-il possible de cultiver le romarin en intérieur ?
Oui, derrière une fenêtre plein sud, mais la plante souffre du manque de lumière et de l’air sec du chauffage. Je conseille de la sortir sur le balcon ou au jardin d’avril à octobre.
Quelles plantes associer au romarin ?
Le romarin apprécie la compagnie des plantes de garrigue, comme le thym, la sauge, la lavande ou l’origan. Réunissez-les dans une potée d’herbes aromatiques aux besoins identiques.
Attention aux herbes aromatiques gourmandes en eau, comme la menthe ou le persil. Leurs arrosages fréquents finiraient par noyer votre romarin. Ses composés odorants agissent aussi comme un répulsif naturel pour certains insectes du potager.
Mon romarin ne fleurit pas, que faire ?
Manque de soleil, engrais trop riche ou taille réalisée au mauvais moment expliquent la plupart des cas. Déplacez le pot vers la lumière et taillez uniquement après la floraison.
Combien de temps vit un pied de romarin ?
Un romarin bien placé reste productif sept à dix ans. Au-delà, il se dégarnit, et je le remplace par l’une de ses boutures.
Où trouver d’autres conseils de jardinage ?
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