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Comment bouturer un rosier grimpant ?

Par Brigitte 22 juillet 2026 Lecture 12 min Mis à jour le 18 juillet
Comment bouturer un rosier grimpant ?

L’été dernier, j’ai récupéré trois tiges sur le vieux rosier grimpant de ma voisine. Celui qui recouvre sa pergola depuis plus de vingt ans, un ‘Albertine’ aux fleurs rose cuivré. Trois mois plus tard, deux de ces boutures avaient pris racines dans mon jardin. Bouturer un rosier grimpant, c’est à la portée de tous les jardiniers, à condition de connaître les bons gestes et la bonne période.

La meilleure période pour commencer se situe entre la fin de l’été et l’automne, quand les tiges sont semi-ligneuses. Le bois a eu le temps de durcir sans être trop sec. C’est le moment parfait pour prélever une bouture et lui donner toutes les chances de développer un système racinaire solide avant l’hiver.

Je pratique le bouturage de rosiers depuis quinze ans et j’ai testé plusieurs techniques sur des variétés anciennes, des rosiers buissons et des grimpants. Le taux de réussite varie selon la méthode, la saison et le soin apporté à chaque étape. Voici ce que j’ai appris au fil du temps pour vous aider à réussir vos boutures de rosiers facilement.

À retenir

  • Prélevez vos boutures entre mi-août et fin septembre sur une tige semi-ligneuse de 20 à 25 cm.
  • Utilisez un mélange drainant (moitié terreau, moitié sable) pour favoriser l’enracinement sans excès d’humidité.
  • L’hormone de bouturage augmente le taux de réussite de 15 à 20 %, surtout sur bois ligneux.
  • Maintenez une humidité constante sans détremper le substrat, et placez la bouture à l’abri du soleil direct.
  • Comptez 4 à 8 semaines pour voir apparaitre les premières racines.

Quel matériel est nécessaire pour réussir vos boutures de rosiers grimpants ?

Avant de vous lancer, rassemblez le matériel indispensable. Rien de coûteux ni de compliqué, mais chaque élément a son importance pour maximiser vos chances de réussite.

Matériel pour bouturer un rosier grimpant
Matériel Rôle Conseil pratique
Sécateur bien aiguisé Coupe nette sans écraser la tige Désinfectez la lame à l’alcool avant chaque prélèvement
Hormone de bouturage (poudre ou gel) Stimule le développement des racines L’acide indole-butyrique (AIB) à 0,3 % est le plus courant, entre 5 et 12 € le flacon
Pot de 15 à 20 cm (percé au fond) Accueille la bouture avec un bon drainage Un godet en terre cuite respire mieux que le plastique
Terreau de semis + sable (50/50) Substrat léger et drainant Évitez le terreau enrichi en engrais, trop riche pour une bouture
Bouteille plastique coupée ou cloche Crée une mini-serre pour garder l’humidité Aérez tous les deux jours pour éviter les moisissures
Arrosoir à pomme fine Arrosage doux sans déplacer le substrat L’eau à température ambiante évite le choc thermique

Un petit investissement, entre 5 et 15 €, suffit pour bouturer facilement une dizaine de rosiers. Le sécateur reste l’outil clé. Une coupe franche limite les risques de maladie et accélère la cicatrisation de la tige.

Les différentes techniques pour bouturer un rosier grimpant

Trois méthodes principales existent pour faire des boutures de rosiers grimpants. Chacune a ses avantages et s’adapte à votre niveau d’expérience. Je vous les présente avec leurs forces et leurs limites, testées sur mes propres plantes au fil des saisons.

La méthode de bouturage traditionnelle en terre

Le bouturage en terre reste la technique de référence pour les professionnels du jardinage. Le principe est simple : vous prélevez une tige saine, vous la plantez dans un pot rempli d’un mélange terreau-sable, et vous maintenez le substrat humide pendant plusieurs semaines.

Le taux de réussite de cette méthode atteint 60 à 80 % avec une hormone de bouturage. Sans hormone, comptez plutôt 40 à 60 %. Les racines se forment directement dans leur milieu définitif, ce qui évite le stress du rempotage.

C’est la méthode que je recommande aux jardiniers qui veulent faire des boutures de rosiers de façon fiable. Elle demande un suivi régulier de l’arrosage, mais les résultats sont solides.

Le bouturage à l’eau

Placer une tige de rosier dans un verre d’eau, c’est tentant. On voit les racines se former, c’est presque ludique. Les premières radicelles apparaissent en général au bout de 2 à 4 semaines.

Mais il y a un piège. Les racines qui poussent dans l’eau sont structurellement différentes de celles qui se développent en terre. Elles sont plus fragiles, moins ramifiées. Au moment de transplanter la bouture dans un pot, le choc est souvent fatal. Le taux de réussite final tombe autour de 40 à 50 %.

Si vous voulez tester cette méthode, changez l’eau tous les trois jours pour éviter la stagnation. Transplantez dès que les racines atteignent 2 à 3 cm, pas plus. Au-delà de 5 cm, la reprise en terre devient difficile.

Le bouturage dans une pomme de terre

Cette technique circule beaucoup sur les réseaux sociaux. Le principe : insérer la base de la bouture dans une pomme de terre, puis planter le tout en terre ou dans un pot. Le tubercule libère de l’eau et de l’amidon, ce qui maintient une humidité stable autour de la coupe.

L’idée est séduisante, et certains jardiniers rapportent de bons résultats. En pratique, la pomme de terre peut aussi pourrir rapidement dans le substrat, attirer des insectes ou développer des champignons. Les résultats restent comparables à la méthode classique, sans avantage décisif prouvé.

C’est une option amusante pour initier des enfants au jardinage ou tenter une expérience différente. Mais pour réussir vos boutures de rosiers grimpants à coup sûr, je privilégie toujours le bouturage direct en pot.

À lire lentement

Le secret du bouturage, ce n’est pas la technique choisie, c’est la qualité de la tige prélevée et la régularité des soins les premières semaines.

Guide étape par étape pour bouturer un rosier grimpant

Passons à la pratique. Voici la marche à suivre pour faire une bouture de rosier grimpant avec la méthode en terre, celle qui offre le meilleur taux de réussite. Ce guide fonctionne aussi pour les rosiers anciens et les rosiers buissons.

Le matériel

  • Sécateur désinfecté
  • Hormone de bouturage en poudre
  • Pot de 15 à 20 cm avec trou de drainage
  • Mélange terreau et sable à parts égales
  • Bouteille plastique coupée (mini-serre)
  • Arrosoir à pomme fine

Bouturer un rosier grimpant en 4 gestes

  1. Choisir une tige semi-ligneuse sur le rosier. Repérez un rameau de l’année qui plie sans casser, ni trop vert ni trop dur. Prélevez-le tôt le matin quand la plante est bien hydratée.
  2. Couper un tronçon de 20 à 25 cm sous un noeud. Retirez les feuilles du bas en ne gardant que deux ou trois feuilles en haut. Taillez la base en biseau pour augmenter la surface d’enracinement.
  3. Tremper la base dans l’hormone et planter dans le pot. Enfoncez la tige sur 5 à 8 cm dans le mélange terreau-sable humide. Tassez légèrement autour de la bouture.
  4. Couvrir d’une cloche et placer à mi-ombre. Arrosez doucement et coiffez le pot d’une bouteille coupée. Aérez quelques minutes tous les deux jours pour éviter la condensation excessive.

1. Choisir et prélever la bonne tige

Tout se joue au moment du prélèvement. Pour choisir une tige adaptée au bouturage, cherchez un rameau de l’année en cours, de couleur brun-vert. Une tige semi-ligneuse se reconnaît au toucher : elle plie sans casser mais présente déjà une certaine fermeté.

Évitez les tiges trop jeunes (vertes et molles) qui pourrissent vite, et les rameaux trop anciens (gris et secs) qui s’enracinent lentement. Sur un rosier grimpant, visez les rameaux latéraux plutôt que les cannes principales. Ils sont plus faciles à travailler et se bouturent mieux.

Prélevez le matin, quand la plante est gorgée d’eau. Une tige exposée à l’air libre plus de quinze minutes commence à se déshydrater, et son potentiel d’enracinement diminue.

2. Préparer la bouture : taille et nettoyage

Découpez un tronçon de 20 à 25 cm de long. La coupe du bas doit se faire juste sous un noeud, en biseau. La coupe du haut se fait droite, à 1 cm au-dessus d’un bourgeon. Cette différence de coupe vous permet de repérer facilement le sens de la bouture.

Retirez toutes les feuilles de la partie basse, sur les deux tiers de la longueur. Gardez seulement deux ou trois feuilles en haut pour que la plante puisse continuer à respirer. Si les feuilles restantes sont grandes, coupez-les de moitié pour limiter l’évaporation.

Supprimez aussi les épines sur la partie qui sera enterrée. Ce geste évite les blessures au moment de planter et réduit les portes d’entrée pour les maladies.

3. La plantation de la bouture

Remplissez votre pot du mélange sable-terreau. Humidifiez le substrat avant d’y installer la bouture, pas après. Trempez la base de la tige dans l’hormone de bouturage en poudre, tapotez pour retirer l’excès, puis enfoncez-la sur 5 à 8 cm dans le substrat.

Vous pouvez planter plusieurs boutures dans un même pot large, en les espaçant de 5 cm. Tassez le mélange autour de chaque tige sans forcer. Le sol doit être ferme mais pas compacté.

Si vous préférez planter en pleine terre dans votre jardin, choisissez un endroit abrité du vent et du soleil direct. Un coin à mi-ombre, contre un mur orienté nord ou est, est un emplacement idéal. Creusez une tranchée de 15 cm de profondeur, déposez une couche de sable au fond, et piquez vos boutures à 10 cm d’intervalle.

4. L’arrosage et la protection de la bouture

L’arrosage est le point critique. Le substrat doit rester humide mais jamais détrempé. Trop d’eau fait pourrir la base. Pas assez d’eau empêche la formation des racines.

Coiffez le pot d’une bouteille plastique coupée pour créer un effet de serre. Cette protection maintient une humidité constante autour de la bouture, ce qui est déterminant pour l’enracinement. Pensez à aérer régulièrement pour éviter les moisissures.

Placez vos pots dans un endroit lumineux mais sans soleil direct. Une température entre 18 et 22 °C est idéale. En intérieur, un rebord de fenêtre orienté nord fait l’affaire. Au jardin, un emplacement ombragé et chaud convient bien en été comme en automne.

L’entretien des boutures de rosiers grimpants

Les premières semaines sont décisives. Vérifiez l’humidité du substrat tous les deux ou trois jours. Arrosez par petites quantités avec de l’eau à température ambiante.

Au bout de 4 à 8 semaines, de nouvelles pousses ou de petites feuilles vont apparaitre. Bon signe. Pour vérifier l’enracinement, tirez très délicatement sur la tige. Une légère résistance indique que des racines se forment. Patience, ce n’est pas encore gagné.

Retirez la cloche progressivement sur une semaine. D’abord une heure par jour, puis deux, puis toute la journée. Cette acclimatation permet à la nouvelle plante de s’habituer aux conditions extérieures sans stress. Gardez le pot à l’abri du gel si l’hiver approche. Un voile d’hivernage ou un emplacement contre un mur protègent les jeunes plants du froid.

Que faire après la reprise de la bouture ?

Votre bouture a pris. De nouvelles feuilles se développent, la tige a grossi. Ça y est, vous avez un jeune rosier. La suite dépend de la saison.

Si le bouturage a eu lieu en été, vous pouvez rempoter dans un pot plus grand à l’automne, avec un terreau enrichi. Le rosier passera l’hiver à l’abri, et vous le planterez en pleine terre au printemps suivant, après les dernières gelées.

Pour une bouture réalisée en automne, le rosier reste en pot jusqu’au mois d’avril ou mai de l’année suivante. Laissez-le dans un endroit frais et lumineux, à l’abri du gel. Un garage non chauffé avec une fenêtre, ou une véranda non surchauffée convient très bien.

Au moment de planter en pleine terre, préparez le sol en le travaillant sur 30 cm de profondeur. Ajoutez du compost et vérifiez le drainage. Les rosiers grimpants ont besoin d’un support pour s’élancer : treillage, pergola, ou fils tendus sur un mur. Espacez les pieds d’au moins 1,5 m pour que chaque rosier ait la place de se développer sur toute sa longueur.

Comptez 12 à 18 mois après le bouturage pour voir les premières fleurs. La floraison sera modeste la première année. Le rosier a besoin de temps pour construire sa charpente. Dès la deuxième année, la floraison gagne en générosité.

Erreurs fréquentes à éviter lors du bouturage des rosiers grimpants

Après quinze ans de jardinage et des dizaines de boutures réalisées, j’ai vu les mêmes erreurs revenir. Les voici, avec la solution pour chacune.

  • Prélever une tige en pleine floraison : elle mobilise toute son énergie pour fleurir, pas pour faire des racines. Attendez la fin de la floraison.
  • Utiliser un substrat trop riche : un terreau standard gorgé d’engrais favorise les moisissures. Le sable mélangé au terreau de semis reste la valeur sûre.
  • Arroser à l’excès : un substrat détrempé fait pourrir la base en quelques jours. Humide, oui. Noyé, non.
  • Exposer la bouture au soleil direct : la chaleur dessèche la tige et bloque le développement des racines. La mi-ombre est votre alliée.
  • Tirer sur la bouture pour vérifier l’enracinement trop souvent : ce geste répété casse les radicelles naissantes. Une fois toutes les deux semaines suffit.

La patience fait partie du processus. Bouturer des rosiers demande du temps. Si une bouture noircit ou se ramollit après trois semaines, retirez-la pour ne pas contaminer ses voisines. Recommencez avec une nouvelle tige, à partir d’un rosier sain et vigoureux.

FAQ : Vos questions fréquentes sur le bouturage des rosiers grimpants

Quand peut-on espérer voir des fleurs sur une bouture ?

Il faut compter entre 12 et 18 mois pour qu’un rosier issu de bouture produise ses premières fleurs. Certaines variétés rapides peuvent fleurir dès la première année, mais c’est rare. Les rosiers anciens, plus rustiques, mettent parfois deux ans à s’installer pleinement. La floraison reste discrète au début, puis s’étoffe chaque année avec la maturité du rosier.

Pourquoi mes boutures de rosiers grimpants pourrissent-elles ?

La cause la plus fréquente est un excès d’eau dans le substrat. Un pot sans trou de drainage ou un terreau trop compact retient l’humidité et fait pourrir la base. Vérifiez aussi la qualité de la tige : une coupe mal nette, un bois trop tendre ou des feuilles laissées dans le sol créent des conditions favorables aux champignons. Le mélange sable-terreau bien drainant et l’aération de la mini-serre résolvent la majorité des problèmes.

Peut-on bouturer un rosier grimpant pendant sa floraison ?

Techniquement, oui, mais le taux de réussite est nettement plus faible. Pendant la floraison, la plante concentre ses ressources sur la production de fleurs. Les tiges prélevées à ce stade ont moins d’énergie disponible pour fabriquer des racines. Je vous conseille d’attendre la fin de l’été, entre août et septembre. Les variétés à port souple comme ‘Félicité et Perpétue’ ou ‘Albertine’ répondent particulièrement bien au bouturage à cette saison.

Comment multiplier d’autres variétés de rosiers ?

La méthode reste identique pour la plupart des variétés de rosiers : rosiers buissons, rosiers anciens, miniatures ou couvre-sol. Le bouturage fonctionne sur tous les types, même si les rosiers à petites fleurs s’enracinent généralement plus facilement que les hybrides à grosses fleurs. Les rosiers anciens sont souvent les plus faciles à bouturer grâce à leur vigueur naturelle.

Pour savoir quelle variété choisir, observez la vigueur de vos plantes existantes. Un rosier sain, bien établi et productif donnera de meilleures boutures qu’un sujet affaibli. Avec un peu de pratique, faire des boutures de rosiers devient un réflexe à chaque fin de saison pour enrichir votre jardin ou offrir des plants à votre entourage.

Brigitte

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