Un plant acheté en avril donne rarement les paniers espérés. Le même pied installé fin août démarre au quart de tour au printemps suivant.
Tout se joue sur quelques semaines de calendrier et sur trois centimètres de profondeur au moment de la mise en terre. Rien de sorcier, mais rien d’anodin.
Après quinze ans passés à suivre des potagers de toutes tailles, je retrouve toujours les mêmes maladresses : collet enterré, pieds serrés, eau versée sur le feuillage.
À retenir
- Visez la fenêtre mi-août / mi-octobre pour les variétés non remontantes, mars-avril pour les remontantes en godet.
- Laissez le collet affleurer la surface du sol, jamais en dessous.
- Comptez 25 à 30 cm entre les pieds et 40 cm entre les rangs pour limiter la pourriture grise.
- Paillez dès la plantation et arrosez au pied, pas sur les feuilles.
- Renouvelez la fraiseraie tous les trois ans, sur une parcelle différente.
Comprendre les différents types de fraisiers
Avant de sortir la binette, il faut savoir ce que vous avez entre les mains. Un fraisier remontant et un fraisier de juin ne se plantent ni au même moment ni pour les mêmes raisons.
Le tableau ci-dessous résume ce que je regarde en premier quand un lecteur me demande quelle variété choisir pour son potager.
| Type de fraisier | Période de plantation idéale | Récolte | Fruits | Verdict |
|---|---|---|---|---|
| Non remontant (Gariguette, Ciflorette) | Mi-août à mi-octobre | Mai à début juillet, en une vague | Gros, très parfumés | Recommandé pour la confiture |
| Remontant (Mara des Bois, Charlotte) | Fin août à mi-octobre, ou mars-avril en godet | Juin à octobre, par vagues successives | Moyens, sucrés | Recommandé au balcon |
| Fraisier des bois / quatre-saisons | Septembre, ou mars-avril | Mai à novembre, en continu | Petits, très aromatiques | Question de goût |
| Plants à racines nues | Septembre à novembre, ou février à avril | Selon la variété | Selon la variété | Reprise à surveiller |
Fraisiers remontants : une production étalée
Ces variétés fleurissent plusieurs fois dans la saison. Vous récoltez une première fois en juin, puis à nouveau d’août jusqu’aux premières gelées.
Les fruits restent un peu plus petits que ceux des variétés de printemps. En échange, la cueillette s’étale sur cinq mois, ce qui change tout quand on cultive pour la maison.
Mara des Bois reste ma préférée pour le parfum, avec ce goût de fraise des bois qu’aucune autre ne reproduit. Charlotte tient bien face à l’oïdium et supporte les étés capricieux.
Fraisiers non-remontants : une récolte concentrée
Une seule production, mais quelle production. Les fruits arrivent en masse sur quatre à six semaines, entre mai et début juillet selon la région.
Ce sont eux qui donnent les plus gros fruits les plus parfumés, Gariguette en tête. Si vous voulez remplir des bocaux de confiture en une seule fois, orientez-vous vers cette famille.
Fraisiers des bois : saveur et rusticité
Ces petits fruits minuscules concentrent un arôme incomparable. Les plantes se contentent d’un coin mi-ombragé et supportent le froid sans broncher.
Les variétés dites des quatre-saisons produisent de mai à novembre et forment peu de stolons. Un bon choix en bordure de massif ou en pot sur un rebord de fenêtre.
Quand planter vos fraisiers ? La meilleure période pour chaque type
La Société Nationale d’Horticulture de France situe la fenêtre la plus favorable entre la mi-août et la mi-octobre. Les variétés remontantes acceptent aussi une mise en place en mars-avril.
Plantation au printemps : les avantages
Vous avez raté l’automne ? Le printemps rattrape la situation, surtout avec des plants en godet dont les racines sont déjà formées.
Attendez que les dernières gelées soient passées et que la terre se réchauffe. En dessous de 5 °C dans le sol, la reprise traîne et les jeunes plantes stagnent.
Le revers existe : la première récolte arrive plus tard et reste modeste. Le pied dépense son énergie à s’installer plutôt qu’à faire des fleurs.
Plantation en fin d’été / début d’automne : une alternative
C’est la période que je recommande neuf fois sur dix. Le sol est encore chaud, l’humidité revient, les racines plongent avant l’hiver.
Entre fin août et mi-octobre, vos fraisiers disposent de plusieurs mois pour construire un système racinaire solide. Résultat : des fruits plus nombreux dès mai et des plants qui résistent mieux à la sécheresse estivale.
En zone fraîche, ne tardez pas au-delà de septembre. En climat doux, octobre passe très bien.
Quand repiquer les jeunes plants ?
Les stolons enracinés en juillet se repiquent de la mi-août à la fin septembre. Coupez le cordon qui les relie au pied mère une dizaine de jours avant, pour les habituer à vivre seuls.
Arrosez la veille du repiquage. Une motte humide se détache sans casser les racines fines.
Un fraisier planté en fin d’été passe l’hiver à fabriquer ses racines, et ce sont ces racines qui donnent les fraises du printemps suivant.
Où et comment choisir le meilleur emplacement pour vos fraisiers ?
Un bon emplacement compense beaucoup d’approximations. Un mauvais coin, lui, ne se rattrape avec aucun engrais.
Exposition idéale : soleil et protection
Comptez six heures de soleil par jour au minimum. Sans lumière, les fruits restent acides et pâles.
Dans le Sud, une ombre légère l’après-midi évite que les fraises cuisent sur pied. Un mur exposé au midi accélère la maturation de dix à quinze jours.
Méfiez-vous des cuvettes où l’air stagne. L’humidité qui ne sèche jamais appelle les maladies.
Quel sol pour des fraisiers épanouis ?
Le fraisier réclame une terre meuble, fraîche, bien drainée et légèrement acide, autour de pH 6. Les sols calcaires provoquent un jaunissement du feuillage.
Évitez les terrains lourds qui gardent l’eau en hiver. Les racines pourrissent en silence et le pied dépérit sans prévenir.
Autre point souvent oublié : ne replantez pas de fraisiers là où il y en avait déjà. Attendez trois à quatre ans avant de revenir sur la même parcelle.
Culture en pleine terre : préparation du terrain
Préparez l’emplacement trois à quatre semaines avant la plantation. Bêchez sur 30 cm, retirez cailloux, racines et mauvaises herbes vivaces comme le liseron.
Incorporez ensuite du compost mûr ou du fumier bien décomposé, à raison de 3 à 5 kg par mètre carré. Si la terre colle aux outils, un apport de sable grossier améliore le drainage.
Laissez le sol se tasser naturellement. Planter dans un terrain fraîchement remué enfonce les collets au premier arrosage.
En terrain humide, formez des buttes de 15 cm. Les petits fruits restent propres et les racines respirent mieux.
Culture en pot et jardinière : conseils pratiques
La culture en pot fonctionne très bien, à condition de voir grand. Prévoyez au moins 30 cm de profondeur et des trous de drainage francs.
Remplissez d’un mélange de terreau de qualité et de compost, avec une couche de billes d’argile au fond. Dans une jardinière de 60 cm, installez deux plants, trois si elle est large.
Le seul point de vigilance : l’eau. Un pot sèche en une journée l’été, il faut donc arroser plus souvent qu’en pleine terre.
La plantation des fraisiers : étapes clés pour réussir
La mise en place demande vingt minutes pour une dizaine de pieds. Prenez le temps, ce moment conditionne les trois années à venir.
Le matériel indispensable pour la plantation
Le matériel
- Une griffe ou une fourche-bêche
- Un transplantoir
- Un seau d’eau pour tremper les godets
- Un cordeau et un mètre ruban
- Du compost ou un engrais organique spécial petits fruits
- De la paille, du BRF ou des tontes sèches pour le paillage
Comment préparer les plants avant la plantation ?
Plongez les godets dans un seau d’eau jusqu’à ce que les bulles cessent de remonter. Une motte sèche au moment de planter met des semaines à s’humidifier ensuite.
Pour les plants à racines nues, raccourcissez les racines trop longues à une quinzaine de centimètres. Supprimez les feuilles abîmées et gardez trois ou quatre feuilles saines.
Creuser les trous : quelle profondeur et quelle largeur ?
Un trou de 15 à 20 cm dans les deux dimensions suffit largement. Les racines doivent descendre droit, sans se replier en crosse au fond.
Ameublissez le fond avec le transplantoir. Une semelle compacte sous la motte bloque l’enracinement dès la deuxième année.
La bonne distance de plantation entre les pieds
Espacez les pieds de 25 à 30 cm sur le rang, avec 40 cm entre deux rangs. Cela correspond à quatre à six plants par mètre carré.
Serrer davantage semble tentant quand la place manque. En dessous de 25 cm, l’air circule mal et la pourriture grise s’installe sur les fruits.
La technique de plantation étape par étape
Planter un fraisier en cinq gestes
- Réhydratez la motte. Trempez le godet dans l’eau pendant deux à trois minutes, jusqu’à disparition des bulles.
- Positionnez le collet à ras. La zone où les feuilles rejoignent les racines doit affleurer la surface, ni enterrée ni perchée au-dessus.
- Étalez les racines vers le bas. Elles doivent descendre naturellement, sans être tassées en boule au fond du trou.
- Rebouchez et tassez du plat de la main. Le cœur du plant reste dégagé, jamais recouvert de terre.
- Arrosez immédiatement au goulot. L’eau chasse les poches d’air et met la terre en contact avec les racines.
Le collet reste le point critique. Enterré, il pourrit. Trop haut, les racines sèchent et le pied végète.
L’arrosage après la plantation : les premiers gestes
Donnez un à deux litres par pied le jour même. Les trois semaines suivantes, arrosez tous les deux jours si la pluie ne s’en charge pas.
Visez toujours la base. L’eau sur le feuillage et sur les fleurs ouvre la porte au botrytis.
L’importance du paillage pour protéger vos fraisiers
Étalez 4 à 6 cm de paille, de tontes séchées ou de feuilles mortes autour des pieds. La terre garde sa fraîcheur et les herbes indésirables lèvent beaucoup moins.
Le paillage isole aussi les fraises du sol. Des fruits propres et sains, sans terre ni traces de limaces, cela tient souvent à ces quelques centimètres de paille.
Entretenir vos fraisiers pour des fruits savoureux toute la saison
Une plantation réussie ne suffit pas. L’entretien régulier fait la différence entre trois barquettes et un vrai panier.
Arrosage : fréquence et quantité idéales
Pendant la floraison et le grossissement des fruits, apportez de l’eau tous les deux à trois jours en période sèche. Un ou deux litres par mètre carré suffisent généralement.
Le goutte-à-goutte reste la solution la plus fiable. Il alimente les racines sans jamais mouiller les feuilles.
Fertilisation : quel engrais et quand l’appliquer ?
Un engrais organique riche en potasse au démarrage de la végétation, fin février ou début mars, relance la production. Un second apport après la première récolte soutient les variétés remontantes.
Le compost mûr en surface, une fois par an, remplace avantageusement les produits du commerce. Attention à l’azote : trop de feuilles, peu de fraises.
Gérer les stolons : que faire des nouvelles pousses ?
Ces tiges rampantes puisent dans les réserves du pied mère. Coupez-les au fur et à mesure si vous cherchez la quantité de fruits.
Gardez-en deux ou trois par pied en juillet pour renouveler vos plants gratuitement. Enfoncez un godet rempli de terreau sous le nœud, maintenez-le avec une agrafe et attendez trois semaines.
Taille et nettoyage des plants : quand et comment ?
Après la récolte, retirez les feuilles jaunes et les hampes florales desséchées. Le pied respire mieux et les spores de champignons trouvent moins de refuges.
En automne, nettoyez à nouveau et renouvelez le paillage. La première année, supprimer les toutes premières fleurs fortifie le plant, une astuce validée par les jardiniers professionnels.
Identifier et prévenir les maladies et nuisibles courants
Bien installés et correctement entretenus, les fraisiers restent peu fragiles. Les ennuis viennent presque toujours d’un excès d’humidité ou d’une densité excessive.
Les maladies les plus fréquentes du fraisier
Le botrytis, ou pourriture grise, recouvre les fruits d’un feutrage cendré. Il prospère quand l’air stagne et que les fraises touchent la terre humide.
L’oïdium poudre les feuilles de blanc et les fait s’enrouler par les bords. Les taches pourpres sur le feuillage signalent des maladies foliaires plus banales, à surveiller sans paniquer.
Les ravageurs à surveiller
Trois coupables reviennent chaque saison :
- Les limaces, qui creusent des cratères dans les fruits mûrs
- Les oiseaux, merles en tête, qui repèrent la première fraise rouge avant vous
- Les pucerons et acariens, discrets mais vecteurs de virus
Un filet à mailles fines règle le problème des oiseaux. Contre les limaces, une barrière de cendre ou un piège à bière autour des rangs limite les dégâts.
Méthodes de traitement naturelles et efficaces
La décoction de prêle, riche en silice, renforce les tissus des plantes et freine les champignons. Pulvérisez-la en préventif toutes les deux semaines au printemps.
Le savon noir dilué vient à bout des pucerons en deux applications. Sur des taches pourpres nombreuses en automne, une bouillie bordelaise reste tolérée, mais je la réserve aux cas sérieux.
La meilleure protection reste culturale : aération, paillage sec, arrosage au pied, ramassage des fruits abîmés sans attendre. Un rang d’ail en bordure éloigne aussi les acariens.
Renouveler vos plants de fraisiers : astuces et techniques
Un fraisier donne le meilleur de lui-même pendant trois ans. Passé ce cap, les fruits rapetissent et la production s’essouffle.
Anticipez plutôt que de tout arracher d’un coup. Renouvelez un tiers de la fraiseraie chaque année, en repiquant les stolons prélevés sur vos plus beaux pieds.
Installez les jeunes plants sur une parcelle neuve. Revenir au même endroit expose les racines aux champignons du sol accumulés.
Si vos anciens pieds montrent des signes de faiblesse, achetez des plants certifiés. Repartir sur une base saine évite de traîner un virus pendant des années.
Conseils supplémentaires pour une récolte réussie
Cueillez le matin, quand les fruits sont frais et fermes. Une fraise ramassée à midi tient deux fois moins longtemps.
Gardez le pédoncule pour prolonger la conservation. La fraise ne mûrit plus une fois détachée, cueillez-la donc bien rouge.
Associez vos fraisiers à de l’ail, de l’oignon ou de la bourrache. Cette dernière attire les pollinisateurs et améliore la fructification de façon très visible.
Un dernier réflexe qui change beaucoup de choses : notez sur une étiquette la variété et l’année de plantation. Trois ans plus tard, vous saurez exactement quel rang renouveler.
Foire Aux Questions (FAQ) sur la plantation des fraisiers
Peut-on planter les fraisiers au mois de juin ?
Techniquement oui, avec des plants en godet et un arrosage suivi de près. La récolte de la première année restera cependant maigre, mieux vaut patienter jusqu’à la fin août.
Combien de fraisiers faut-il pour une famille de quatre personnes ?
Comptez une vingtaine de pieds pour la consommation fraîche, une quarantaine si vous transformez en confiture. Cela représente environ 5 à 8 mètres carrés de potager.
Faut-il enlever les fleurs la première année ?
Sur une plantation de printemps, supprimer les premières fleurs renforce le système racinaire. Les fraisiers remontants plantés en automne peuvent garder les leurs sans dommage.
Pourquoi mes fraisiers font des feuilles mais pas de fruits ?
Trois causes reviennent : un excès d’azote, un manque de soleil, ou des stolons laissés en place qui épuisent le pied. Vérifiez ces trois points dans cet ordre.
Quelle distance respecter entre les fraisiers en jardinière ?
Gardez 20 à 25 cm entre chaque plant, même en contenant. Une jardinière de 60 cm accueille confortablement deux fraisiers, trois au maximum si elle est profonde et large.



