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Comment faire une bouture de rosier ?

Par Brigitte 18 juillet 2026 Lecture 12 min Mis à jour le 14 juillet
Comment faire une bouture de rosier ?

L’été dernier, j’ai récupéré trois tiges d’un vieux rosier grimpant chez une amie. Deux mois plus tard, j’avais de jeunes plants enracinés, prêts à rejoindre mon jardin. Le bouturage de rosier reste l’une des pratiques les plus accessibles pour multiplier vos rosiers préférés, à condition de respecter quelques gestes précis.

Bouturer un rosier ne demande ni greffe ni matériel coûteux. Une bonne tige, un substrat adapté, un peu de patience, et vous pouvez reproduire facilement n’importe quelle variété qui vous plaît. Je pratique cette méthode simple et efficace depuis plus de quinze ans, et je vous livre ici tout ce qu’il faut savoir pour réussir vos boutures de rosiers.

À retenir

  • La meilleure période pour bouturer un rosier se situe entre la mi-août et fin septembre, avec des taux de réussite pouvant dépasser 75 %.
  • Prélevez une tige saine de 15 à 20 cm, coupée en biseau juste sous un noeud, et retirez les feuilles du bas.
  • Plantez dans un mélange de terreau et de sable, puis maintenez le substrat humide sans excès sous une bouteille en plastique coupée.
  • Les premières racines apparaissent en 4 à 8 semaines selon la saison et les conditions.
  • Faites toujours plusieurs boutures en même temps pour compenser les pertes naturelles.

Quand bouturer un rosier

Périodes de bouturage du rosier selon la technique
Période Type de bois Technique adaptée Taux de réussite Verdict
Juin-juillet Herbacé (tige jeune et souple) Bouturage en pot sous cloche 3/5 Possible
Mi-août à fin septembre Semi-aoûté (mi-tendre, mi-dur) Bouturage en terre ou en pot 5/5 Idéal
Octobre-novembre (automne) Aoûté (bois dur) Bouturage en pleine terre 4/5 Recommandé
Novembre à février Ligneux (bois sec) Bouturage à bois sec sous châssis 3/5 Exigeant

Le moment que je préfère pour bouturer un rosier, c’est la période entre la mi-août et la fin septembre. Les tiges sont semi-aoûtées, ni trop tendres ni trop rigides. Elles s’enracinent avec une facilité remarquable à ce stade.

Le bouturage d’automne fonctionne aussi très bien, surtout pour les rosiers anciens et les varietes botaniques. Le processus est plus lent, mais les plants obtenus sont souvent plus robustes au printemps suivant. Comptez sur une croissance racinaire progressive pendant l’hiver, à l’abri du gel.

En ete, entre juin et juillet, vous pouvez tenter le bouturage sur bois herbacé. Les chances de succès sont plus faibles, car les tiges jeunes se dessèchent vite. Il faudra redoubler de vigilance sur l’arrosage et la protection contre le soleil direct.

Le matériel nécessaire pour réussir vos boutures de rosiers

Pas besoin de vider votre portefeuille. Le bouturage de rosier se pratique avec des outils que vous avez probablement déjà chez vous. Voici le materiel essentiel pour commencer.

Le matériel

  • Un sécateur bien aiguisé et désinfecté (à l’alcool ou à la flamme)
  • Des gants de jardinage
  • Du terreau léger mélangé à du sable (deux tiers / un tiers)
  • Des pots de 15 à 20 cm de profondeur, en terre cuite ou en plastique
  • De l’hormone de bouturage en poudre (facultatif mais recommandé)
  • Une bouteille en plastique coupée ou un sac plastique transparent pour créer un effet serre
  • Un vaporisateur pour maintenir l’humidite

Le sécateur est votre allié principal. Une coupe nette limite les risques de maladies et favorise la cicatrisation de la tige. Je désinfecte toujours le mien entre chaque prélèvement, surtout quand je travaille sur plusieurs rosiers différents.

Pour le substrat, le mélange de terreau et de sable assure un bon drainage tout en conservant une humidité constante. Trop de terreau pur retient l’eau et provoque la pourriture. Le sable allège le tout et favorise la formation des racines.

Les différentes techniques de bouturage de rosier

Trois méthodes reviennent le plus souvent dans le monde du jardinage. Chacune a ses avantages et ses limites. Je vous les détaille pour que vous puissiez choisir celle qui correspond à votre situation.

La technique traditionnelle en terre

Le bouturage en terre reste la methode la plus fiable pour multiplier vos rosiers. Je l’utilise depuis mes débuts et elle me donne régulièrement de bons résultats, avec un taux de reprise que j’estime autour de 70 à 80 % sur les varietes les plus réceptives.

Bouturer un rosier en terre, pas à pas

  1. Choisir une tige saine et semi-aoûtée. Repérez un rameau de l’année qui a déjà fleuri, droit et vigoureux, d’un diamètre proche de celui d’un crayon.
  2. Couper la tige en biseau sous un noeud. Prélevez un tronçon de 15 à 20 cm avec au moins trois bourgeons. Retirez les feuilles du bas et gardez deux ou trois feuilles en haut.
  3. Tremper la base dans l’hormone de bouturage. Humidifiez légèrement la coupe, plongez 1 à 2 cm dans la poudre, puis tapotez pour retirer l’excédent.
  4. Planter dans le substrat humide. Faites un trou avec un crayon dans votre mélange de terreau, insérez la bouture aux deux tiers, puis tassez délicatement autour de la bouture.
  5. Couvrir et placer à mi-ombre. Posez une bouteille en plastique coupée par-dessus pour créer un effet de serre. Gardez le substrat humide sans le détremper.

1. Choisir et prélever la bonne tige

Le choix de la tige conditionne tout le reste. Prenez une pousse de l’année, pas un vieux bois rigide ni une tige trop verte. Elle doit craquer légèrement quand vous la pliez, signe qu’elle est à mi-chemin entre le bois tendre et le bois dur.

Vérifiez que la tige ne présente aucune trace de maladie. Pas de taches noires, pas de poudre blanche, pas de parasites visibles. Une bouture part toujours d’une plante saine, sans quoi vous reproduisez aussi les problèmes.

Le matin, après la rosée, c’est le meilleur moment pour prélever. La plante est bien hydratée et les tiges sont gorgées de sève. Coupez proprement au sécateur, juste au-dessous d’un noeud.

2. Préparer la bouture : taille et retrait des feuilles

Conservez la partie centrale de votre tige sur 15 à 20 cm. Supprimez la tête en coupant juste au-dessus d’une paire de feuilles en haut. Retirez toutes les fleurs ou boutons floraux si la tige en porte encore.

Ôtez les feuilles du bas sur les deux tiers de la tige. Gardez seulement deux ou trois feuilles à la cime pour permettre la photosynthèse. Trop de feuilles épuisent la bouture en provoquant une évaporation excessive.

Taillez la base en biseau, juste sous un noeud. Ce geste augmente la surface de contact avec le substrat et multiplie les points de départ pour les futures racines.

3. Planter la bouture dans le substrat

Remplissez vos pots avec un melange de terreau léger et de sable, à raison de deux tiers pour un tiers. Tassez sans comprimer. Le substrat doit rester aéré pour laisser circuler l’eau et l’air autour de la tige.

Faites un avant-trou avec un crayon ou un petit bâton. Ne poussez jamais la bouture directement dans le sol, vous risqueriez de décaper l’hormone de bouturage appliquée sur la base. Insérez la tige aux deux tiers de sa longueur, puis tassez doucement le terreau autour.

Si vous n’avez pas de pot, vous pouvez planter vos boutures directement en pleine terre, dans un coin abrité du jardin. Le sol doit être léger et bien drainé. Protegez-les d’une cloche ou d’un voile.

4. Arrosage et maintien de l’humidité

L’humidite est le facteur clé de la reussite. Arrosez après la plantation pour bien assurer le contact entre la tige et le substrat. Par la suite, maintenez le sol humide sans jamais le gorger d’eau.

Placez une bouteille en plastique coupee en deux autour de la bouture pour créer un mini-effet de serre. Cette protection garde l’atmosphère humide et stable, deux conditions qui accélèrent l’apparition des racines.

Installez vos pots dans un endroit lumineux, à l’abri du soleil direct. Le plein soleil sous une cloche peut littéralement cuire vos boutures en quelques heures. La mi-ombre est votre meilleure alliée.

À lire lentement

La patience fait le jardinier : une bouture de rosier met quatre à huit semaines avant de révéler ses premières racines, et chaque tige qui prend est une petite victoire.

Le bouturage dans l’eau

Bouturer un rosier dans l’eau séduit par sa simplicité. Un verre, une tige, de l’eau, et vous pouvez observer les racines se former jour après jour. C’est aussi une approche rapide pour les impatients qui veulent voir ce qui se passe sous la surface.

Pour tenter cette methode, choisissez une tige saine d’environ 20 cm. Retirez les feuilles du bas et plongez la base dans un récipient transparent rempli d’eau de pluie ou d’eau du robinet reposée. Immergez au moins un ou deux noeuds. Changez l’eau tous les deux à trois jours pour eviter le développement de bactéries.

Les premières racines apparaissent généralement au bout de trois à quatre semaines. Mais attention, ces racines formées dans l’eau sont plus fragiles que celles développées en terre. Le passage au substrat peut provoquer un choc pour la jeune plante, et le taux d’échec à la transplantation reste important.

Si vous testez cette technique, ne misez pas tout dessus. Gardez toujours des boutures en pot en parallèle pour maximiser vos chances de reussite. Le bouturage dans l’eau est un bon complément, pas une solution unique.

Le bouturage avec une pomme de terre : mythe ou réalité ?

Vous avez sûrement vu passer cette astuce sur les réseaux sociaux. Le principe : piquer une tige de rosier dans une pomme de terre, enterrer le tout, et attendre que la magie opère. La pomme de terre est censée fournir de l’eau et des nutriments à la bouture pendant l’enracinement.

En pratique, les résultats sont très mitigés. Le tubercule finit par pourrir dans le sol, ce qui peut contaminer la tige et provoquer sa mort. Certains jardiniers expérimentés ont démontré qu’on obtient les mêmes résultats, voire de meilleurs, sans pomme de terre du tout.

Sur le plan scientifique, rien ne prouve que la pomme de terre améliore le taux de réussite du bouturage. Les sucres contenus dans le tubercule sont des molécules trop grosses pour être absorbées par les racines naissantes. La pourriture qu’elle génère attire aussi les nuisibles et les champignons.

Mon avis : considérez cette technique comme une activité ludique à partager avec des enfants pour les initier au jardinage. Pour un bouturage efficace, restez sur la methode traditionnelle en terre. Elle a fait ses preuves depuis des décennies.

Comment savoir si ma bouture de rosier a pris racine ?

La patience est une vertu indispensable quand on se lance dans le bouturage. Il faut compter quatre à huit semaines avant de pouvoir évaluer le succès de vos boutures. Pendant ce temps, résistez à la tentation de tirer sur la tige pour vérifier.

Le signe le plus fiable, c’est l’apparition de nouvelles pousses et de jeunes feuilles au sommet de la tige. Si de petits bourgeons verts se développent, il y a de fortes chances que des racines soient en train de se former sous la surface.

Un autre indicateur : essayez de soulever très délicatement la tige. Si vous sentez une résistance, la racine a pris. La bouture s’est ancrée dans le substrat. Si elle sort sans aucune résistance, il faut encore attendre.

Pour les boutures en pleine terre, attendez le printemps suivant. L’apparition de feuilles fraîches après l’hiver confirme que l’enracinement s’est bien déroulé. Vous pourrez alors envisager de transplanter vos jeunes rosiers à leur emplacement définitif dans le jardin.

Entretien et suivi des boutures de rosiers

Une fois vos boutures installées, le travail continue. Les premières semaines sont décisives pour la survie de vos plants. Voici les gestes que je répète à chaque saison de bouturage.

Maintenez le substrat humide en permanence, sans excès. Un bon repère : la terre doit être fraîche au toucher, jamais détrempée. Utilisez un vaporisateur pour humidifier regulierement sans noyer les racines en formation.

Protegez vos boutures du froid dès l’automne si elles sont en pot. Rentrez-les dans une serre, une véranda, ou placez-les contre un mur à l’abri du vent. Un voile d’hivernage suffit dans les régions au climat doux.

Si un bouton de fleur apparaît la première année, supprimez-le sans hésiter. La jeune plante doit concentrer toute son énergie sur le développement de ses racines, pas sur la floraison. Ce petit sacrifice garantit un rosier plus vigoureux par la suite.

Au printemps suivant, rempotez dans un pot plus grand avec du terreau pour rosiers. Les plants les plus robustes pourront rejoindre le jardin ou le potager dès le mois d’avril, quand les gelées ne sont plus à craindre.

Erreurs fréquentes à éviter lors du bouturage de rosiers

Après toutes ces années de jardinage, je vois toujours les mêmes erreurs revenir. Les voici, pour que vous puissiez les eviter et mettre toutes les chances de votre côté.

  • Utiliser un sécateur mal aiguisé ou non désinfecté, qui écrase la tige au lieu de la couper nettement et peut transmettre des maladies
  • Placer les boutures en plein soleil, ce qui dessèche la tige et brûle les feuilles sous la cloche
  • Arroser trop généreusement, provoquant la pourriture de la base avant même que les racines ne se forment
  • Bouturer un rosier au mauvais moment, en plein hiver ou sur du bois trop vert en debut de saison
  • Ne faire qu’une seule bouture, alors qu’il vaut mieux en prélever cinq à dix pour compenser les pertes

L’excès d’eau est l’ennemi numéro un. La pourriture s’installe vite dans un substrat détrempé, surtout quand les conditions de drainage ne sont pas réunies. Le mélange terreau-sable que j’évoquais plus haut résout ce problème naturellement.

Le choix de la tige compte autant que le soin apporté ensuite. Prendre le temps de sélectionner un rameau sain, d’une bonne maturité, fait la différence entre un taux de réussite de 30 % et un taux de 80 %. Ne bâclez pas cette étape.

FAQ : Vos questions les plus fréquentes sur le bouturage de rosiers

Peut-on bouturer tous les types de rosiers (grimpants, anciens) ?

La plupart des rosiers se prêtent au bouturage, mais certaines varietes répondent mieux que d’autres. Les rosiers anciens non greffés, les rosiers grimpants et les rosiers paysagers donnent de bons résultats. Leur vigueur naturelle leur permet de développer des racines rapidement.

Les rosiers modernes greffés peuvent aussi être bouturés, mais la plante obtenue sera généralement moins vigoureuse que le rosier d’origine. Les rosiers miniatures sont plus délicats à multiplier par cette technique.

Rappelons que le bouturage reste réservé à un usage strictement privé. La plupart des varietes commerciales sont protégées par un Certificat d’Obtention Végétale.

Les boutures de rosiers fleuriront-elles la première année ?

Dans la grande majorité des cas, non. La première année, votre jeune rosier concentre son énergie sur la croissance de ses racines et de sa structure. Des fleurs peuvent apparaître, mais je recommande de les supprimer pour ne pas affaiblir la plante.

Comptez plutôt sur la deuxième année pour voir vos premières fleurs. La patience est le prix à payer pour obtenir un rosier solide et durable dans votre jardin.

Que faire si mes boutures perdent leurs feuilles ?

Pas de panique immédiate. La perte de quelques feuilles est naturelle pendant les premières semaines, car la bouture concentre ses réserves sur la production de racines. Tant que la tige reste verte et ferme, il y a de l’espoir.

Si la tige noircit ou ramollit, c’est le signe que la pourriture s’est installée. Dans ce cas, il n’y a pas grand-chose à faire. Retirez la bouture et vérifiez que votre substrat n’est pas trop humide pour les autres plantes du lot.

Pour eviter ce problème, vérifiez que la ventilation autour de vos boutures est correcte. Entrouvrez votre cloche ou votre sac plastique une fois par jour pendant quelques minutes. Ce simple geste suffit à prévenir les champignons et à entretenir des conditions de culture saines pour vos jeunes rosiers.

Brigitte

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