Mon premier actinidia a mis quatre ans à recouvrir un mur plein sud. Quatre ans de feuilles superbes, de fleurs blanches parfumées, et pas un seul fruit.
Il manquait un pied mâle à trois mètres de là. Depuis que je l’ai ajouté, la récolte tombe chaque automne par cageots entiers.
Cette liane pardonne beaucoup de choses. Elle ne pardonne ni un emplacement bâclé, ni un sol détrempé, ni une pollinisation oubliée.
À retenir
- Trempez la motte du kiwi un quart d’heure dans un seau d’eau avant de la mettre en terre.
- Installez le support avant de planter, jamais après : une liane adulte pèse très lourd.
- Plantez le pied mâle au vent dominant, en amont des pieds femelles, pour aider le pollen à circuler.
- Paillez généreusement dès la plantation et protégez le pied les trois premiers hivers.
- Ne taillez jamais après février, la sève coule et affaiblit la plante.
Pourquoi cultiver un kiwi chez soi ?
Un kiwi du jardin n’a rien à voir avec celui du supermarché. Cueilli à maturité et laissé mûrir tranquillement, il développe un parfum presque floral.
Cette plante grimpante habille aussi une tonnelle ou une pergola mieux que bien des ornementales. Ses grandes feuilles arrondies font de l’ombre dès juin.
Les kiwis se gardent plusieurs mois dans une pièce fraîche, ce qui en fait l’un des rares fruits frais de plein hiver. Un plant adulte bien conduit donne 20 à 30 kg par saison.
| Critère | Ce que je recommande | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Période | Automne, d’octobre à novembre Recommandé | Printemps (mars à mai) dans les régions froides |
| Exposition | Ensoleillée et abritée du vent | Mi-ombre l’après-midi au sud de la Loire |
| Sol | Riche, frais, profond, bien drainé, légèrement acide | Calcaire À surveiller |
| Espacement | 3 à 4 mètres entre deux pieds | 30 à 40 cm d’un mur ou d’un support |
| Pollinisation | 1 pied mâle pour 3 à 5 pieds femelles | Variété autofertile si la place manque |
| Support | Pergola, tonnelle ou fils de fer tendus | Doit encaisser plus de 100 kg |
| Premiers fruits | 3 à 4 ans après la plantation | 4/5 |
Quand planter le kiwi ?
La période idéale pour la plantation
L’automne reste ma saison de prédilection. La terre est encore tiède, les pluies reviennent, et les racines s’installent pendant que la partie aérienne dort.
Octobre et novembre forment la fenêtre la plus confortable. Les anciens visaient la Sainte-Catherine, le 25 novembre, et ils avaient raison.
« À la Sainte-Catherine, tout bois prend racine. »
Dicton de jardinier
Le printemps convient très bien aussi, de mars à mai. Un kiwi planté à cette période demandera simplement plus d’attention côté arrosage dès les premières chaleurs.
Deux moments sont à écarter : l’été, trop sec pour un jeune plant, et les semaines de gel où le sol devient impossible à travailler.
Influence de la région et du climat
Dans l’Ouest, le Sud-Ouest et sur le littoral, je plante systématiquement à l’automne. Le jeune actinidia profite d’un hiver doux pour développer son enracinement.
En climat continental, en altitude ou dans les jardins soumis à des gelées longues, je bascule au printemps. Un plant de kiwi fraîchement installé avant un hiver rude souffre souvent du froid.
Les gelées tardives abîment les jeunes pousses, même sur des variétés qui encaissent jusqu’à moins vingt degrés une fois adultes. Un voile d’hivernage pendant les trois premières années suffit largement.
Où planter un kiwi ?
Le choix de l’emplacement idéal : soleil et protection
Le kiwi aime la lumière et la chaleur. Au nord de la Loire, je le place en plein soleil, contre un mur exposé à l’est ou au sud.
Dans le Midi, une ombre légère l’après-midi évite que les feuilles grillent. Le vent reste son vrai ennemi, car il casse les jeunes rameaux et gêne le passage des abeilles.
Un mur de maison, un vieux grillage, une pergola ou une tonnelle font de bons points d’appui. Prévoyez large : la liane grimpe facilement à 6 mètres et s’étale autant.
Quel sol privilégier pour la culture du kiwi ?
Cette plante réclame une terre riche, profonde, fraîche et bien drainée. L’eau stagnante autour du collet provoque des pourritures racinaires difficiles à rattraper.
Le kiwi apprécie un sol légèrement acide, entre pH 5,5 et 6,5. En terrain calcaire, les feuilles jaunissent vite par manque de fer disponible.
Un sol lourd se corrige avec du compost bien décomposé, du fumier composté et une poignée de gravier au fond du trou. En pot, seuls les kiwaïs et les variétés compactes donnent des résultats corrects.
L’importance de l’espacement entre les plants
Comptez 3 à 4 mètres entre deux pieds. Serrés, les plants s’étouffent et la fructification chute d’année en année.
Laissez également 30 à 40 cm entre le pied et son support, pour que les racines ne butent pas sur les fondations.
Comment planter un kiwi étape par étape ?
Préparation du pied de kiwi et du trou de plantation
Je commence toujours par immerger la motte dans un seau d’eau pendant quinze minutes. Une motte sèche met des semaines à repartir.
Le trou mesure 50 cm de côté et autant de profondeur. Griffez bien les parois pour éviter l’effet pot, surtout en sol argileux.
Mélangez la terre extraite avec deux ou trois pelletées de compost mûr. Un apport organique à la plantation vaut tous les engrais chimiques du printemps suivant.
Le matériel
- Bêche et griffe
- Seau d’eau
- Compost mûr ou fumier composté
- Tuteur en bambou et lien souple
- Paillage (BRF, chanvre ou feuilles mortes)
- Arrosoir de 10 litres
Plantation du plant de kiwi
Planter un kiwi en cinq gestes
- Positionnez la motte au centre du trou. Le collet doit affleurer le niveau du sol, jamais être enterré.
- Rebouchez par petites couches. Tassez modérément avec le plat de la main pour chasser les poches d’air sans compacter la terre.
- Formez une cuvette d’arrosage. Un bourrelet de terre de 10 cm autour du pied retient l’eau là où elle sert.
- Installez le tuteur en biais. Dirigez la tige vers le support définitif et attachez-la avec un lien souple, jamais avec du fil de fer nu.
- Paillez sur 8 à 10 cm. Le paillage garde le sol frais en été et limite le gel en surface l’hiver.
Arrosage après la plantation
Videz un arrosoir entier au pied, même sous la pluie. L’eau plaque la terre contre les racines et chasse les derniers vides.
Renouvelez l’opération une fois par semaine le premier mois si le temps reste sec. À l’automne, un passage mensuel suffit largement.
Installation d’un système de palissage ou de support
Le support se pose avant la plantation, jamais après. Une liane adulte chargée de fruits dépasse facilement 100 kg, branches et feuillage compris.
Je tends trois fils de fer galvanisés entre deux poteaux, à 80 cm, 1,20 m et 1,80 m du sol. Sur pergola ou tonnelle, des câbles solides remplacent les fils.
Guidez une seule tige vers le haut la première année, puis laissez partir deux bras horizontaux. Cette conduite en T simple facilite ensuite la taille et la récolte.
Une liane femelle plantée seule fleurira magnifiquement chaque printemps et ne vous donnera jamais un seul kiwi.
Choisir la bonne variété de kiwi
Les kiwis autofertiles : une solution pour les jardiniers débutants
Un kiwi autofertile porte des fleurs mâles et des fleurs femelles sur le même pied. Il fructifie donc seul, sans voisin pollinisateur.
‘Jenny’ et ‘Solissimo’ comptent parmi les plus fiables en Actinidia deliciosa. Côté kiwaï, ‘Vitikiwi’ se débrouille très bien dans un petit jardin ou un grand pot.
Leur production reste plus modeste qu’un couple classique. Un pied mâle planté à côté augmente nettement le rendement, même sur une variété autofertile.
Kiwis mâles et femelles : comprendre la pollinisation
L’actinidia est une plante dioïque. Les pieds mâles fournissent le pollen, les pieds femelles portent les fruits.
La distinction se fait aux fleurs, en mai ou juin. Une fleur mâle montre une touffe d’étamines jaunes, une fleur femelle un ovaire blanc bien visible au centre.
Un seul mâle suffit pour trois à cinq femelles, à condition de le placer à moins de dix mètres. Les abeilles font le reste du travail.
Présentation des variétés populaires (Hayward, Actinidia arguta, etc.)
‘Hayward’ reste la référence en kiwi vert. Ses gros fruits ovales se conservent jusqu’en février, mais la récolte arrive tard en saison.
‘Tomuri’ et ‘Matua’ sont les deux pollinisateurs mâles les plus courants. Le premier fleurit tardivement, ce qui le rend compatible avec ‘Hayward’.
Les amateurs de chair jaune se tournent vers les Actinidia chinensis, plus sucrés et moins acidulés. Leur peau presque lisse plaît beaucoup aux enfants.
L’Actinidia arguta, appelé kiwaï ou kiwi de Sibérie, produit de petits fruits sans poils que l’on croque comme des raisins. Rustique jusqu’à moins trente degrés, il convient aux jardins de montagne.
L’entretien du kiwi après plantation
Arrosage : besoins et fréquence
Le kiwi a besoin d’eau, beaucoup d’eau, surtout entre juin et septembre. Une sécheresse prolongée fait tomber les jeunes fruits avant qu’ils ne grossissent.
Sur un sujet adulte, je compte 20 à 30 litres par semaine en période chaude. Arrosez au pied, jamais sur le feuillage, pour limiter les maladies.
Un bon paillage divise les apports par deux. Il garde la terre fraîche et évite le désherbage autour du collet.
Fertilisation : quand et comment ?
À l’automne, j’étale une brouette de compost ou de fumier bien décomposé sur toute la zone des racines. Cet apport organique nourrit et protège du froid.
Au printemps, un engrais pour arbres fruitiers relance la croissance. Évitez les formules trop riches en azote, qui donnent des lianes vigoureuses et peu de fleurs.
La taille du kiwi : formation et entretien
La taille d’hiver se pratique en janvier, toujours avant février. Passé cette date, la sève monte et s’écoule par les plaies, ce qui épuise la plante.
Supprimez les branches qui ont déjà fructifié et gardez les rameaux de l’année. Taillez à deux yeux au-dessus du dernier bouquet de fruits.
En été, pincez les pousses les plus folles à quatre ou cinq feuilles après le dernier fruit. Ce geste de taille verte en juillet canalise une croissance parfois envahissante.
Sur un pied mâle, la taille intervient juste après la floraison. Il n’a plus rien à faire d’ici l’année suivante.
Protéger vos plants de kiwi des maladies et parasites
Identifier les problèmes courants
Des feuilles jaune pâle nervurées de vert trahissent presque toujours une chlorose liée au calcaire. Un jaunissement diffus avec ralentissement général oriente plutôt vers les racines.
Le botrytis, ou pourriture grise, s’installe par temps humide sur les fleurs et les fruits. Un feutrage gris apparaît, suivi d’une pourriture molle au stockage.
Cochenilles et araignées rouges se logent sous les feuilles en été. Les chats, eux, adorent frotter leur museau contre les jeunes tiges et les cassent net.
Mesures préventives et solutions
Le drainage règle 80 % des problèmes. Un sol qui garde l’eau en hiver ouvre la porte au phytophthora, contre lequel aucun traitement de jardin ne fonctionne vraiment.
Aérez la végétation par la taille pour que l’air circule entre les branches. Ramassez et sortez du jardin les fruits abîmés, qui servent de foyers d’infection.
Un manchon de grillage autour du tronc règle le problème des chats. Contre les cochenilles, une pulvérisation d’huile végétale en fin d’hiver donne de bons résultats.
La récolte des kiwis : quand et comment ?
La cueillette se fait entre fin octobre et la mi-novembre, avant les premières gelées. Un fruit gelé sur pied ne se conserve plus.
Coupez le pédoncule plutôt que de tirer sur le fruit. Les kiwis se récoltent fermes, quand les pépins sont devenus bien noirs à l’intérieur.
Ils mûrissent ensuite hors du pied, dans une cagette au frais. Une pomme glissée au milieu accélère le processus grâce à l’éthylène qu’elle dégage.
Patientez trois à quatre ans après la plantation pour vos premiers fruits. La production monte vraiment en puissance vers la sixième année.
Mes derniers conseils avant de planter votre kiwi
Si je devais ne retenir qu’une chose de mes plantations ratées, ce serait celle-ci : le support et le pied mâle se décident avant le coup de bêche.
Achetez vos plants en conteneur chez un pépiniériste qui vous garantit le sexe de chaque sujet. Une étiquette bricolée en jardinerie cache parfois de mauvaises surprises.
Notez sur un plan l’emplacement du mâle et des femelles. Dans dix ans, quand la liane aura envahi la pergola, vous serez content de savoir qui est qui.



